Le débat

Pourquoi ce site existe

Tout est parti d'une discussion avec mon père. J'affirmais que la France consacre l'essentiel de son budget aux retraités. Il n'en croyait rien. Aucun de nous deux n'avait de chiffre à opposer à l'autre : nous avions chacun une conviction, et c'est tout.

Plutôt que de continuer à en débattre de mémoire, j'ai construit ce site à partir des comptes nationaux de l'Insee. Voici ce qu'ils disent.

Ce que disent les chiffres

En 2024, les administrations publiques françaises ont dépensé 1 671,8 Md€. La fonction « vieillesse » — les pensions de retraite — en représente 392,0 Md€, auxquels s'ajoutent 40,6 Md€ de pensions de réversion versées aux survivants.

Soit 432,6 Md€ pour les retraites, c'est-à-dire 25,9 % de la dépense publique totale.

Qui avait raison ?

Lui, sur les mots employés. « L'essentiel du budget » signifie plus de la moitié ; les retraites en représentent environ un quart. Ma formulation était fausse.

Moi, sur l'ordre de grandeur. Les retraites forment de très loin le premier poste de dépense publique du pays : 1,7 fois le budget de la santé, 2,9 fois celui de l'enseignement. Et à l'intérieur de la protection sociale, elles sont bien majoritaires — 62,4 % des 693,0 Md€ de ce poste.

Le désaccord tenait donc en grande partie au dénominateur. Rapportées à l'ensemble de la dépense publique, les retraites sont un quart. Rapportées aux seules dépenses sociales, elles sont une majorité. Nous parlions de deux choses différentes sans le savoir.

Ce que ça n'apprend pas

Ces chiffres ne disent rien de ce qu'il faudrait dépenser. Une pension de retraite n'est pas une dépense de fonctionnement : c'est le versement d'une contrepartie à des cotisations passées, pour une population qui a crû et qui vit plus longtemps. Savoir si ce niveau est soutenable, juste ou souhaitable est une autre question — politique, et ce site n'y répond pas.

Il répond à une question plus modeste, celle qui nous manquait ce soir-là : combien, exactement, et pour quoi.

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